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Strasbourg projette son deuxième quartier européen

Après avoir renforcé son quartier des institutions européennes, l’agglomération strasbourgeoise entend réussir son opération de reconquête des rives du Rhin et réaliser le lien de l’urbanisme avec ses voisins allemands.

L’inauguration en avril 2017 de la nouvelle ligne de tramway vers Kehl a constitué la première marque symbolique d’un attrait retrouvé de Strasbourg pour sa façade allemande. Après s’être accommodée pendant des décennies de ses glacis post-militaires et industriels sur les rives du Rhin, la ville s’attelle enfin à un projet majeur : reconquérir la façade Est de son agglomération. L’enjeu, symbolique et de longue haleine, s’étalera sur deux décennies.

« Il y aura deux quartiers européens : le quartier des Deux-Rives et celui des institutions européennes« , observe Eric Chendernowsky, directeur de l’urbanisme et des territoires à la mairie et à l’Eurométropole.

« La ZAC des Deux-Rives sera achevée dans les années 2030, quand la ville et le port auront cessé de se faire front« , confirme Robert Herrmann, président (PS) de l’Eurométropole de Strasbourg.

Inscrite sur 75 hectares, cette ZAC, en chantier depuis 2015, prévoit 4.800 logements, soit 15.000 habitants auxquels s’ajouteront 5.000 emplois.

Reconquête des rives du Rhin
La reconquête des rives du Rhin traduit la volonté des élus locaux de ne pas laisser la ville s’étendre en périphérie, dans un espace contraint par l’environnement fragile de la plaine d’Alsace.

« Nous avons abandonné, dès que nous l’avons pu, l’idée que nous ne pourrions pas compter 1 million d’habitants, tel que cela était prévu dans le plan d’occupation des sols préparé il y a plus de 30 ans« , reconnaît Robert Herrmann.

Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg, confirme l’idée d’une ville compacte :

« Il faut faire de la ville intense, monter plus haut, mieux utiliser les espaces intersticiels. La ville proliférante doit être combattue », propose-t-il.

Restent à satisfaire les besoins de développement économique, autour d’une attractivité européenne difficilement soutenable par une collectivité de seulement 500.000 habitants. « Je n’ai pas d’inquiétude quant au maintien à Strasbourg des institutions européennes« , estime Robert Herrmann. Le quartier d’affaires européen, pari de l’actuelle municipalité, a connu un démarrage commercial fulgurant, presque inattendu.

Les premiers ensembles de logements mis sur le marché par Bouygues ou Nexity ont été vendus en quelques jours, mi-2017, à des prix élevés à l’échelle strasbourgeoise : jusqu’à 5.500 euros le mètre carré. Rebaptisé Archipel, le quartier entre dans sa deuxième phase avec trois ans d’avance.

« Dans moins de dix ans, il offrira un mix entre des sièges sociaux de groupes internationaux, des habitants et des commerces », prévoit Robert Herrmann, président (PS) de l’Eurométropole de Strasbourg.

Mettre un terme aux va-et-vient entre les deux capitales de l’UE
Le pari d’attirer une extension du Parlement européen dans un immeuble de 45.000 mètres carrés, coup de poker des collectivités, est loin d’être gagné. Depuis une décennie, une écrasante majorité des parlementaires souhaite recentrer à Bruxelles l’ensemble des travaux de l’institution, et mettre un terme aux va-et-vient entre les deux capitales de l’Union européenne. Strasbourg reste sur la défensive.

L’autre écueil concerne l’accessibilité. Pour délester la circulation au centre de l’agglomération, traversée par une autoroute héritée des schémas d’aménagement des années 1970, les collectivités ont fait le choix d’un contournement autoroutier par l’ouest. Le lancement imminent de ce chantier permettra de déclasser l’actuelle autoroute en boulevard urbain, et d’opérer la couture qui fait défaut entre le centre-ville et les quartiers populaires à l’Ouest.

Manque criant de lignes vers les capitales européennes.
A l’international, le récent sursaut d’activité de l’aéroport d’Entzheim, dont le trafic est remonté à 1,2 million de passagers après une décennie de plongée liée à la concurrence du TGV, ne fait que masquer un manque criant de lignes vers les capitales européennes. Si Strasbourg veut maintenir son attractivité, elle devra se résoudre à travailler en réseau avec Francfort, Bâle-Mulhouse, voire Baden-Baden.

« J’ai le sentiment que la multiplication des plates-formes aéroportuaires dans le Rhin supérieur est une chance. Et je crois beaucoup au développement de l’aviation privée« , ose reconnaître Robert Herrmann.

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